
L'éducation physique et sportive est une discipline d'enseignement à part entière, dotée de programmes, d'horaires obligatoires et d'une évaluation qui compte au baccalauréat. Ce statut la distingue du sport scolaire volontaire, avec lequel on la confond souvent.
Ce qu'elle vise
Trois finalités se combinent. Développer la motricité, c'est-à-dire la capacité à agir efficacement dans des situations variées, courir, nager, grimper, s'opposer, s'exprimer. Construire un rapport durable à la santé et à l'activité physique, à un âge où les habitudes se prennent. Et accéder à une culture sportive et artistique partagée, avec ses règles, ses codes et son histoire.
S'y ajoutent des apprentissages sociaux que peu de disciplines permettent aussi directement : coopérer, arbitrer, accepter une décision, assumer un rôle, perdre.
Les champs d'apprentissage
Les programmes français structurent la discipline en cinq champs. Produire une performance mesurée à une échéance donnée : athlétisme, natation de vitesse. Se déplacer en milieu naturel ou reproduit : escalade, course d'orientation, voile. Réaliser une prestation à visée artistique ou acrobatique : gymnastique, danse, arts du cirque. Conduire un affrontement individuel ou collectif : sports collectifs, raquettes, sports de combat. Et développer sa motricité pour entretenir sa santé : musculation, course en durée, activités de forme.
Un élève doit rencontrer l'ensemble de ces champs au cours de sa scolarité : c'est ce qui garantit qu'il ne se limite pas aux activités où il excelle déjà.
Le savoir-nager
C'est l'apprentissage à enjeu vital de la discipline. L'attestation du savoir-nager en sécurité valide la capacité à se déplacer, à s'immerger et à se maintenir sur place dans un milieu profond. Elle conditionne la pratique de certaines activités nautiques scolaires.
Les noyades restent une cause importante de mortalité accidentelle chez l'enfant, et l'école reste, pour une partie de la population, le seul lieu d'apprentissage possible. C'est ce qui justifie la priorité qui lui est donnée.
L'évaluation
Elle porte sur les acquis, non sur la performance brute. Un élève est évalué sur une combinaison de critères : la performance, mais aussi la maîtrise technique, la connaissance des règles, la capacité à se juger et à progresser. C'est ce qui permet à deux élèves de niveaux physiques très différents d'obtenir une note comparable.
Au lycée, l'EPS est évaluée en contrôle en cours de formation sur plusieurs activités relevant de champs différents, et la note compte pour le baccalauréat. Des adaptations existent pour les élèves à besoins particuliers.
Dispenses et inaptitudes
Une inaptitude ne dispense pas de cours : elle dispense de certaines activités. Le certificat médical doit préciser ce que l'élève ne peut pas faire plutôt que d'exclure toute pratique, afin qu'un enseignement adapté puisse être proposé. L'élève reste présent et peut tenir des rôles, arbitre, observateur, juge, qui font partie du programme.
C'est un point souvent mal compris par les familles, et il est explicitement prévu par les textes.
Sport scolaire et activité quotidienne
À côté de l'EPS obligatoire, les associations sportives des établissements proposent une pratique volontaire, généralement le mercredi, avec des compétitions inter-établissements. Elles reposent sur l'engagement des enseignants d'EPS et représentent une part importante de la pratique sportive des adolescents.
Les recommandations de santé publique situent à 60 minutes par jour l'activité physique d'intensité modérée à soutenue nécessaire à un enfant. Les horaires scolaires d'EPS n'y suffisent pas, et ne prétendent pas y suffire : leur rôle est d'apprendre à pratiquer, pour que la pratique continue en dehors et après l'école.